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Le projet ACFAM en Massif Central
Accueil d'adultes   Témoignages

Les responsables du Pôle Urgence d’Aurore ont témoigné lors des journées bilan :

Des objectifs modestes
« Nous sommes en lien avec des gens qui ne veulent pas forcément quitter la rue, c’est très variable. Et pour autant, ils peuvent venir en séjour avec les CIVAM. Lucien, accueilli en 2009 chez Jean-Luc et Flavie, était dans ce cas. Le séjour lui a donné envie de venir dans une chambre, mais il ne voulait pas quitter sa tente complètement. Ce sont des personnes qui ont connu beaucoup d’échecs. Sur leur parcours, ils peuvent avoir envie de rencontrer des gens. Ca peut déclencher des choses (un accueilli travaille maintenant pour la ville de Neuilly-Plaisance dans l’entretien des jardins, par exemple). Mais nous, au départ, on n’attend rien, c’est à eux de se saisir de cette rencontre « d’homme à homme », nous, on ne projette rien à l’avance pour eux.
Notre première démarche, c’est vraiment d’accueillir les gens, leur permettre de se poser, se reposer, comprendre ce qui leur arrive et enclencher les démarches qui peuvent les réinsérer (refaire les papiers, …) mais leur notion du temps n’est pas la même que pour nous. On ne peut pas mesurer les résultats, il faut être extrêmement modeste.
Plus on est mobilisé à l’égard de ces personnes, plus ça leur donne de l’énergie pour se mobiliser eux-mêmes, sortir de leur situation. L’envie de se regarder, de s’envisager autrement. Les séjours CIVAM participent à ça.
Est-ce que ça marche ou pas ? On n’est pas dans ces questionnements. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Il faut voir ce qui est positif, même si ce n’est pas immédiatement positif, en tout cas pas dans tous les cas. »

Restaurer l’estime de soi
Ces personnes sortent d’un isolement ou de relations qui se ‘limitent’ au personnel d’accompagnement / travailleurs sociaux et relations qu’elles ont dans la rue. C’est pour cela qu’accueillir sans changer ses habitudes est important : ils redeviennent comme tout le monde, sans l’étiquette « SDF », sans être stigmatisés. Ca crée une forme d’euphorie, plus ou moins bien gérée, mais ce qui reste après le séjour est positif.
En général, à Paris ce sont des personnes isolées. A la rue, il faut tisser un lien de confiance, qu’il faut rompre ensuite quand ils / elles acceptent d’être accompagnés en centre (nouvelle équipe de travailleurs sociaux). Pour beaucoup, l’abandon est un problème récurrent.
« Le but recherché, c’est de recréer une famille, du lien. Ce qui est le plus dur dans la rue, c’est la rupture familiale. Pouvoir décrocher son téléphone, demander des nouvelles et en recevoir, c’est petit, mais mine de rien, au quotidien, c’est important. »
« C’est souvent ce lien qu’ils attendent, sans toujours l’exprimer. Nous, ça nous facilite le travail, mais il faudrait savoir si tous les accueillants sont dans ce cadre là. Tout le monde n’est pas tenu d’instaurer une relation dans le long terme. C’est à chacun de voir. »
« Le travail recherché, c’est de restaurer l’estime de soi. Vous, en 10 jours, vous faites le travail d’un an, je le dis sérieusement. C’est un bond énorme qui est fait. »

Et après ?
 « Envoyer une personne en séjour, même pour 10 jours, c’est une énorme responsabilité des 2 côtés. On sait combien ce qui en résulte reste insuffisamment pris en compte. »
Ce dispositif ne doit pas se limiter à accroître le ‘catalogue’ des prestations, des services, à donner de la valeur ajoutée et une couche de savoir-faire à l’association… Cela nécessite d’anticiper le retour.
On ne peut pas nécessairement prévoir les suites à donner à l’avance, il s’agit souvent de se saisir d’opportunités de formation, d’emploi, … tout en respectant la liberté des personnes accueillies.

 

 

De retour à Paris, un témoignage d’une personne accueillie dans une ferme ardéchoise

« Je suis arrivée l’après-midi du samedi et j’ai été accueillie par Manou. Arrivée à la maison, elle m’a fait la présentation de son habitation et de la ferme avec les chèvres. Toute la journée du dimanche, nous avons fait la connaissance et elle me faisait les explications de comment se déroulait son travail.

Le lundi, nous avons commencé le travail à 8 heures : d’abord donner à manger aux chèvres et tout ranger là où l’arbre était tombé sur le toit du hangar. On a fait pendant 2 jours le travail d’une semaine si elle était toute seule. Et cela s’est passé comme pendant tout mon séjour.

Mardi, nous sommes allées à Valence acheter un billet de train et faire les courses. Au retour, je m’occupe de faire le feu.

Mercredi, avec Manou, nous sommes allées au marché hebdomadaire à Saint-Péray et nous avons vendu des fromages à raison de 1,40 € l’unité, puis nous avons vendu des châtaignes. L’après-midi, avec un autre stagiaire du nom de David et un peu handicapé, nous avons bouché les trous du chemin avec des tuiles.

Le soir, un monsieur est venu pour faire l’échographie des chèvres, parce qu’elles attendent des chevreaux, pour connaître quand elles vont mettre bas. J’ai demandé à Manou si la place est suffisante après les naissances. Elle m’a dit qu’elle vendra les chevreaux à 8 jours, et qu’elle gardera quelques chevrettes.

Jeudi : Nous sommes allées à une réunion du ‘Chivam’ et nous avons mangé au restaurant.

Vendredi : Rencontre avec des élèves d’un lycée à Privas. Ils ont passé un film de l’association Ferme du monde. Et à midi le repas avec les professeurs et les animateurs africains.

Samedi : Nous sommes allées à Privas pour une conférence qui se déroule une fois par an, concernant des gens qui venaient même de l’Afrique. Il y avait des expositions, des produits, des livres. Et puis nous sommes rentrées dans l’après-midi. Manou habite toute seule à quelques kilomètres du village. J’ai eu du mal à dormir au début parce que j’avais peur. Après, je me suis habituée. J’ai apprécié Manou et ça m’a rappelé un peu l’Afrique. Elle est super gentille, je ne me suis pas ennuyée, elle m’a emmenée partout avec elle. Elle m’a bien accueillie. »